13 avr
A deux semaines de la deuxième tentative du gouvernement pour faire adopter la loi création et internet, je me suis penché sur la question du prix de la musique. Entre le CD, le téléchargement légal sur les plateforme des majors, l’écoute sur Deezer et le téléchargement illégal, il convient de mettre en avant quelques problèmes.
Prenons un exemple : m’étant trouvé au magasin Fnac de ma ville, je me suis arrêté sur le rayon CD. Je tombe sur un artiste que j’aime bien, Gojira. Stupeur, je tourne le CD et je vois le prix fixé à 20 euros… (soit le prix d’un CD il y à 10 ans). Je vais sur Internet, où l’album est disponible en téléchargement pour 0,99 cents le titre, soit 12 titres *0.99 = 11,88 euros. Si je vais sur Deezer ou si je le télécharge illégalement sur Bittorrent, c’est gratuit… ou je veux en venir ?
Le principe des 0,99 dollar ou 0,99 euro par titre téléchargé (et oui…) a été institué aux États-Unis dès le lancement d’iTunes Music Store par Apple, au printemps 2003, et s’est petit à petit imposé comme une règle commerciale pour l’ensemble des vendeurs de musique en ligne et dans l’esprit des consommateurs Or ce prix unique reflète des réalités économiques bien différentes qui font que si à ce prix des titres sont rentables, d’autres en revanche se vendent à perte.

Il y a deux stratégies existantes : soit comme Apple, la musique à 0,99 cents sur itunes est un vecteur pour vendre des millions d’Ipod, ou les marges réalisées sur L’ipod compensent celles de la musique, soit la musique est vendue pour elle-même. On voit d’ailleurs de plus en plus que les acteurs (télécoms, FAI) mises de sur une stratégie de produit d’appel ou de vente liée avec la possibilité de télécharger gratuitement en illimité pour la souscription de forfait télécom.
Quand la musique est juste vendue pour elle-même sur une plateforme, comment justifier un prix unique pour des musiques de longueur et de qualité inégales ? La dématérialisation devrait théoriquement faire disparaître une grande partie des coûts de distribution et de fabrication du support, jaquette etc.
Dans le système de répartition le graphique montre comment les éditeurs raflent la mise. Les droits d’auteur représentent les 8% du prix hors taxe prélevé par la SACEM.
75 % de la somme perçue par la Sacem est reversée au titre du droit à la reproduction. En général, les auteurs compositeurs d’un côté, et l’éditeur de l’autre se partagent la somme équitablement. Les 25 % restants sont perçus au titre du droit de représentation, dont un tiers est reversé à l’auteur, un tiers au compositeur, et un tiers à l’éditeur. Cette répartition est invariable. L’éditeur touche donc ses 0,70 plus une partie sur les droits d’auteur. La bataille est rude et chacun veut garder sa part du gâteau..
Pour les éditeurs, il n’est pas question de revoir cette marge à la baisse. L’ancien directeur général du Snep (Syndicat national des éditeurs phonographiques), Hervé Rosny, disait sur ce point : “Chacun doit rester à sa place. Nous ne sommes pas là pour discuter du prix final. Bien sûr qu’il est préoccupant de voir que personne ne gagne d’argent. Mais c’est aux distributeurs de fixer leur marge. A chacun de faire son métier.“
Quant à Deezer, pionnier français de la musique légale en streaming (qui a affirmé son soutient à Hadopi voir ICI), un des co-fondateur Jonathan Bennasaya a déclaré dans une interview de France Info du 6 avril 2009 que “l’équilibre économique est difficile à atteindre en raison de la gourmandise des maisons de disque qui réclament 50% des recettes publicitaires.” (contre 6 à 8% pour une radio musicale). Si Deezer est actuellement gratuit et entend le rester aussi longtemps que possible, une offre mobile “premium” sera lancée prochainement et sera payante. Le prix n’est pas encore connu.
Et l’artiste dans tout cela ? Et bien sa position dans la chaîne de valeur ne lui permet pas d’avoir son mot à dire… Donc on ne lui demande rien à part de jouer (bien si possible) !!
Sources : JDN, France Info.
Une réponse pour"Quelle tarification pour la musique ?"
Un autre article de Techcrunch parlant du poroblème de rentabilité des startup de musique en ligne :
http://fr.techcrunch.com/2009/03/28/le-sort-peu-envieux-des-startups-de-musique-en-streaming/
no comment !
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